LA LETTRE DE MOTIVATION EN DOCTORAT : 3 conseils – S’inscrire en doctorat et rechercher un financement

👉 La lettre de motivation en doctorat : 3 conseils

Vous êtes de plus en plus nombreux à me demander des conseils et des modèles pour rédiger vos lettres de motivation en doctorat.

La réponse que j’apporte est toujours la même : une bonne lettre de motivation ne peut pas provenir d’un modèle. Bien sûr, il existe plusieurs structures de lettres qui fonctionnent et vous permettent de démarrer.

Mais en doctorat, il faut absolument comprendre que si votre but est de réussir – et non uniquement d’essayer – vos lettres vont devoir procéder d’un art que vous devez maîtriser.

Cet art, on en apprend les bases et on l’affine dans le programme « Lauréats », le premier programme qui permet d’être accompagné dans le processus d’entrée en doctorat. En voici les principes généraux :

1. Créez des lettres de motivation uniques

En doctorat, les lettres de motivation requises concernent le plus souvent l’inscription en doctorat (laboratoire et école doctorale demandent souvent une lettre de motivation lors de la première inscription) et la recherche de financement doctoral : contrat doctoral, convention CIFRE, bourses de recherche.

Dans tous les cas, vous devez convaincre un interlocuteur haut placé de vous choisir parmi tous les autres candidats. Cela suppose que vous avez au moins l’une de ces qualités : vous êtes motivé, vous êtes compétent pour le poste, vous avez de l’expérience tant sur le domaine de recherche en question que dans le monde socio-professionnel, vous connaissez les attentes de la recherche et vous êtes prêt à vous y conformer.

Alors, soumettre une lettre de motivation peu inspirée qui évoque vos réalisations et ressemble à toutes les lettres qu’on trouve sur les bureaux des RH, serait contraire à l’idée la plus haute qu’on se fait de la recherche : l’innovation.

Je vous vois venir : « moi je veux faire de la recherche, pas devenir Baudelaire ! »

Eh bien, détrompez-vous. Tout jeune chercheur se doit de maîtriser la mise en mot de ses idées. L’écriture est un aspect central du travail de recherche, et vous n’êtes pas sans savoir qu’un chercheur passe son temps à rédiger.

La thèse d’abord, vous permettra de valider la majeure partie de vos crédits doctoraux. Elle devra respecter une structure logique et pertinente pour la démonstration en question.

Ensuite, les publications des chercheurs doivent elles aussi respecter une structure propre, mais aussi un format imposé par les revues scientifiques dans tous les domaines de recherche. La contrainte du nombre de mots à ne pas dépasser est systématique et représente à elle seule un challenge énorme, même pour un chercheur qui maîtrise parfaitement son sujet.

Enfin, la structure et le format à respecter sous-tendent une capacité à synthétiser les idées tout en cherchant le mot juste. Une prose obscure, une syntaxe non-maîtrisée, sont fatales en recherche. Quoi de pire pour la crédibilité d’un propos scientifique ?

En recherche, tout commence et tout passe par la maîtrise de la langue et des idées.

Une lettre de motivation convaincante requiert donc un travail de fond qui dépasse largement le seul contenu de la lettre. Elle doit être parfaitement structurée et respecter le format classique de la lettre de motivation, mais aussi se faire le vecteur le plus authentique de votre motivation. Vous devez trouver le moyen d’exprimer cette dernière et de la démontrer en seulement quelques lignes.

C’est un exercice difficile qui demande de la pratique. Mais si vous y arrivez, vous aurez un avantage énorme sur tous vos concurrents et ce, quelle que soit la teneur de votre CV. C’est là toute la subtilité et toute la puissance d’une bonne lettre de motivation : si elle est excellente, elle parlera pour vous de votre expérience, de votre capacité à vous exprimer, à faire passer des idées, à convaincre, à travailler et même à inspirer votre interlocuteur.

Dans un contexte où tous les CV sont excellents, cela fait une grande différence.

lettre de motivation

2. Intégrez votre interlocuteur dans vos lettres de motivation

Une excellente lettre de motivation doit parler pour vous et non ne parler que de vous.

L’une des erreurs les plus fatales dans une lettre de motivation est d’ignorer votre interlocuteur. Comme son nom l’indique, une lettre s’adresse à une personne – ou à un comité constitué de plusieurs personnes. De son côté, cet interlocuteur recherche une personne qualifiée avec qui travailler. Dans le cadre d’une inscription en doctorat, l’équipe de recherche en question ne vous cherche peut-être même pas et tout l’enjeu est de la convaincre de vous faire une place de doctorant.

Penser à votre interlocuteur et l’inclure est donc fondamental : c’est le socle de tout travail d’équipe fécond.

Avant de vous lancer dans la rédaction du listing de vos réalisations, posez-vous certaines questions :

– De quoi a besoin mon interlocuteur ?

– En quoi puis-je répondre à ce besoin ?

– Qu’est-ce que notre collaboration pourrait nous apporter à chacun ?

Répondre le plus précisément possible à ces trois questions vous permettra de trouver les arguments les plus percutants et vous évitera de ne produire qu’une longue liste de ce que vous pensez être vos meilleurs atouts.

En réalité, votre meilleur atout en recherche est d’avoir la capacité à identifier un besoin et de répondre à des problématiques précises en proposant des solutions parfaitement adaptées.

Par conséquent, sélectionnez parmi vos réalisations celles qui sont pertinentes au regard de l’offre de financement et/ou celles qui vont vraiment parler à votre interlocuteur, en fonction de ses besoins. Le but n’est pas de dire tout ce que vous avez fait jusque-là – c’est le rôle de votre CV.

Votre objectif dans la lettre est plutôt de montrer que vous comprenez parfaitement ce qui est recherché et que vous avez ces compétences-là grâce à vos expériences passées. C’est aussi de vous illustrer dans l’idée que « tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Vous avez des atouts, mais vous avez aussi besoin de ce laboratoire et/ou de ce financement pour atteindre vos objectifs actuels.

De même, le laboratoire ou l’institution qui propose le financement ont de nombreux atouts, mais ont besoin de jeunes chercheurs pour atteindre leurs propres objectifs. À vous de montrer subtilement en quoi le fait de vous choisir ou de vous recruter représenterait un accord gagnant-gagnant.

Réussir à faire tout cela requiert de connaître parfaitement votre interlocuteur. Vous ne pouvez pas bâcler ce travail de fond qui consiste à mener des recherches, et manquer de curiosité ou de ressources pour le faire serait justement préjudiciable dans le cadre d’une candidature dans un domaine comme la recherche.

3. Entraînez-vous !

S’entrainer, c’est la base pour être en mesure de produire de bonnes lettres de motivation. Parvenir à convaincre en seulement quelques lignes et à se démarquer d’une grande quantité de candidatures de qualité passe par une attention portée à chaque détail.

Bâcler la lettre de motivation sous prétexte que le CV est au niveau, c’est une erreur que vous avez peut-être déjà faite et que vous avez comprise à vos dépends.

L’avantage, dans un environnement de travail sélectif et exigeant, c’est qu’il faut souvent multiplier les candidatures pour comprendre nos erreurs et être en capacité d’envoyer la bonne candidature au bon moment.

En somme, si votre candidature est rejetée, ne baissez pas les bras : c’est long et difficile à accepter, mais la répétition est le meilleur moyen d’atteindre l’excellence. On réussit rarement du premier coup, et avoir un refus est plutôt courant lorsqu’on postule à un financement doctoral pour la première fois.

Alors, armez-vous de patience et entrainez-vous : n’attendez pas que l’offre parfaite se présente, mais postulez à chaque fois qu’une occasion se présente, y compris lorsque l’offre ne cadre pas tout à fait avec votre projet. C’est dans ces circonstances que vous apprendrez à aller chercher vos arguments les plus difficiles à trouver ! Il n’y a pas d’exercice plus fécond.

Vous n’avez pas le bon diplôme, pas autant d’expérience que demandé ou pas tout à fait la bonne spécialité ? Postulez !

Si vous n’êtes pas en confiance, vous serez plus vigilant et vous irez chercher beaucoup plus loin les ressources dont vous disposez. Vous ferez les liens qu’il faut faire, vous creuserez, vous serez plus assidu, et vous valoriserez mieux les atouts que vous avez. En somme, c’est très souvent lorsque la candidature ne colle pas tout à fait qu’on se montre le plus créatif pour compenser l’une des failles et pour convaincre.

Alors, même si vous n’obtenez pas le financement en question, vous aurez énormément progressé et votre prochaine lettre de motivation n’en sera que meilleure.

Et lorsque l’offre parfaite sera publiée, vous serez prêt.

Ce jour-là, vous aurez appris les leçons qu’il vous fallait et vous serez entraîné. Vous ne serez pas aussi confiant que vous pourriez l’être si vous n’aviez jamais postulé, et cela est un atout car vous saurez que la compétition est sévère en recherche et que rien ne doit être laissé au hasard.  Tout doit être authentique, sincère, et venir du fond de vous-même.

Vous relirez vos lettres de motivation précédentes pour vous échauffer, sans songer une seconde à demander un modèle à un tiers, et vous rédigerez la meilleure lettre que vous n’aurez jamais écrite : ce sera la bonne !

« Une personne qui n’a jamais fait d’erreur n’a jamais rien essayé de nouveau. » Albert Einstein

Besoin d’être accompagné pour faire ton entrée en doctorat ? 👉 Rejoins le programme Lauréat ! 🚀

Share on facebook
Partager
Share on twitter
Partager
Share on linkedin
Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.