POURQUOI FAIRE UNE THÈSE DE DOCTORAT ?

Pourquoi faire une thèse de doctorat ?

Certains d’entre vous le savent, faire une thèse de doctorat peut se révéler être extrêmement difficile. Mais pourquoi ? Je me suis souvent posée cette question avant et pendant mon parcours doctoral : pourquoi serait-ce si difficile ? En ce qui me concerne, je pensais être bien armée. Le master de recherche s’est déroulé sans encombre, mes notes étaient excellentes et en dehors de quelques problématiques liées à la découverte de la recherche dans ma discipline, j’ai eu le sentiment que ma poursuite d’études était enfin devenue facile. J’étais pourtant salariée depuis mon entrée en licence, et la question des études supérieures avait toujours été épineuse.

Pendant ma deuxième année de master, je commençais à être à l’aise avec le fait de jongler entre les études et mon job. J’avais réussi beaucoup plus facilement qu’en licence à gérer ce statut d’étudiante salariée, et c’est dans ce contexte que l’idée de faire un doctorat a commencé à se dessiner. C’était ambitieux, mais je ne voyais pas pourquoi ce serait plus difficile que de faire un master : je n’aurais plus cours, et j’allais peut-être même pouvoir échanger mon job d’étudiante contre des missions à l’université, et progressivement, grâce à mon expérience et à mon diplôme, j’allais peut-être pouvoir devenir chercheuse ! Cela me paraissait être à ma portée, donc j’ai tenté l’expérience et j’ai effectivement soutenu ma thèse et obtenu mon doctorat.

Mais ce ne fut pas plus facile qu’en master, ce ne fut même pas aussi facile. Ce fut extrêmement difficile, et je ne pensais même pas avoir en moi de telles ressources. Si j’avais su combien j’allais souffrir, je ne sais pas si je l’aurais fait. Je suis quelqu’un qui a besoin de voir et de vivre pour croire, pour savoir, donc j’y serais peut-être allée pour comprendre mais pas pour réussir, car je ne m’en serais pas cru capable. Aujourd’hui, je sais et si j’en parle, ce n’est pas pour dire à qui veut l’entendre que ce sera trop difficile ou que cela ne vaut pas le coup. Non ! Je suis là parce que grâce à cette expérience, j’ai découvert ma vocation et que j’ai à cœur aujourd’hui d’être votre balise, d’être la personne dont j’aurais eu besoin pour moins souffrir durant mon propre parcours doctoral.

Faire une thèse de doctorat est une opportunité unique dans la vie. L’entreprendre et aller jusqu’au bout peut changer votre vie. Si vous êtes actuellement en pleine réflexion et que vous vous demandez pourquoi faire une thèse de doctorat, c’est que vous êtes déjà sur la bonne voie. Dans cet article, je voudrais vous expliquer pourquoi et vous apporter quelques pistes de réflexion pour faire le bon choix.

1. Il n’y a pas de mauvaise raison d’entreprendre un doctorat

Nous avons coutume de trouver çà et là un grand nombre de vérités sur le doctorat, toujours les mêmes. L’une des plus répandues, c’est qu’il y aurait de bonnes et de mauvaises raisons de faire un doctorat. Cette hypothèse sous-tend qu’il ne vaut mieux pas vous lancer dans une thèse si vous le faites pour de mauvaises raisons, et ces mauvaises raisons sont souvent les mêmes : vouloir traîner à la fac par peur du marché de l’emploi, viser plus haut sur le marché de l’emploi, gagner de l’argent plus vite, avoir le titre de docteur ou encore faire un doctorat sur le conseil de l’entourage (professeurs, famille, professionnels du secteur).

Je pense au contraire qu’il n’y a pas de mauvaise raison d’entreprendre un doctorat, en particulier parce qu’on est rarement conscient au départ des véritables raisons qui nous poussent vers cette voie. D’abord, les mauvaises raisons évoquées sont très réductrices, et ce n’est pas parce que l’une d’elles vous pousse à entreprendre un doctorat que vous êtes sur la mauvaise voie. Je pense notamment aux doctorants SHS, pour qui le doctorat est la voie privilégiée après l’obtention d’un master de recherche et qui pourraient se sentir concernés par l’idée qu’ils entreprennent un doctorat parce que l’accès à l’emploi aurait été trop délicat avec ce type de master. Je pense aussi à tous ceux qui ont été poussés par leur entourage, ce dernier pouvant être un excellent vecteur au démarrage. Et pourquoi ne le serait-il pas ? Pourquoi ne pas écouter un Professeur, un ami ou une famille qui croit en vous et vous soutient ? Et pourquoi ne pas écouter la petite voix au fond de vous, qui vous souffle qu’être docteur vous rendrait tellement fier de vous-même ? Pourquoi ne serait-ce pas un excellent point de départ ? N’est-ce pas cela, l’intuition ?

Retenez ceci : si vos résultats vous le permettent, que l’administration doctorale vous le permet, et que vous en avez envie, je ne vois pas pourquoi il y aurait de bonne ou de mauvaise raison de vous inscrire en doctorat et de faire une thèse durant les prochaines années. D’ailleurs, certains ne savent pas vraiment pourquoi ils se lancent dans un projet doctoral. Et alors ? Les questions arriveront et elles vont vous challenger, elles vont vous obliger à découvrir vos raisons et par la même occasion, à découvrir qui vous êtes, ce que vous voulez et ce que vous êtes prêts à donner pour l’obtenir. Elles vont tester votre motivation, elles vont vous forcer à répondre. Et c’est là, souvent, que vous comprenez le cheminement qui vous a poussé vers cette voie. Vous pouvez donc vous inscrire pour une raison identifiée, ou une raison commode, et comprendre par la suite que les raisons profondes étaient ailleurs. J’en connais même qui ont pleinement compris pourquoi ils avaient fait un doctorat après l’obtention de ce dernier : j’en fais partie, et je n’ai pas honte de le dire.

Si vous avez une stratégie précise dans la vie, tant mieux. À tous les autres je dis : « C’est sur vous que je mise. »

2. La valeur ajoutée du doctorat sur le marché de l’emploi

On le sait, obtenir un doctorat ne permet pas, généralement, de compenser des années d’expérience en entreprise. C’est pourquoi, l’idée est très répandue qu’il ne sert à rien, ou presque, d’avoir un doctorat lorsqu’on vise une carrière dite « classique ». En résumé, vous ne grimperez pas plus vite les échelons de la hiérarchie de l’entreprise et vous ne démarrerez pas plus haut du fait d’avoir un doctorat. Et si vous voulez évoluer dans une grande entreprise, le fait d’avoir un doctorat n’aura pas spécialement d’impact au départ. Mais cela ne veut pas dire qu’avoir un doctorat est inutile ou qu’il ne faut pas le faire.

Quel que soit le type de carrière que vous envisagez avant et pendant le doctorat – car il va de soi que celui-ci peut évoluer durant le parcours doctoral –, les compétences et les valeurs ajoutées que confèrent un doctorat ne sont pas à chercher que dans les sujets de thèses. On se doute bien qu’un docteur en histoire de l’art ou en biochimie aura acquis de nombreuses connaissances et des compétences techniques propres à la recherche, et il serait idiot d’affirmer que ces compétences-là n’ont pas d’intérêt pour travailler en entreprise.

Mais ce qu’il faut comprendre, et de plus en plus de docteurs français œuvrent depuis quelques années pour le faire reconnaître, c’est que faire un doctorat apporte une énorme valeur ajoutée au travers de ce qu’on appelle les « soft skills ». Ces compétences, qu’on peut appeler « compétences douces » ou « compétences comportementales », sont innombrables à la sortie d’un doctorat : capacité à anticiper et à résoudre des problématiques complexes, capacité peu commune à persévérer, créativité dans la manière de travailler, de s’organiser et de résoudre des problèmes, mais aussi très grande autonomie dans le travail,  connaissance de soi et confiance en soi, grande intelligence émotionnelle, toutes ces compétences font une réelle différence au cours d’une carrière.

Votre doctorat ne vous apportera pas qu’une expertise liée au sujet de votre recherche, il vous rendra expert de vous-même et oui, cela fait une grande différence dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle. Vous aurez une capacité réelle de vision à long terme, vous serez capable de stratégie face à des problématiques complexes, là où les autres ont des difficultés à sortir des sentiers battus et à gérer la pression en temps de crise. Ces capacités, vous les aurez acquises durant le doctorat parce que ce dernier vous aura poussé à voir toujours au-delà, à envisager toutes les hypothèses, à anticiper sur vos résultats. Le parcours doctoral impose d’être polyvalent et de gérer de nombreux projets en même temps, avec des contraintes de calendrier peu communes. Surtout, le doctorat vous poussera tellement loin dans vos retranchements, qu’il vous poussera à connaître vos limites et vous guidera dans la quête de ressources insoupçonnées jusque-là.

À la sortie du parcours doctoral, un processus de quelques mois va s’engager et vous comprendrez lentement ce que le doctorat vous a permis d’acquérir. C’est loin d’être instantané parce que c’est souvent inconscient ou en second plan : c’est souvent dans la douleur et le doute que vous allez avancer durant vos années de thèse, ce qui fait que les doctorants ont très souvent l’impression inverse de perdre leur confiance en eux, ils ont le sentiment que leurs ressources diminuent d’année en année, que les perspectives se restreignent de plus en plus, et que jamais ils n’arriveront au bout de leur projet de thèse. C’est une mise à l’épreuve profonde, totale même, surtout dans les sciences humaines où les financements sont si rares.

Le doctorat est obtenu après la soutenance de thèse, qui est censée couronner un parcours de recherche réussi mais qui est plutôt perçu comme une sentence finale dont l’issue est impossible à prévoir, car de nombreuses soutenances tournent mal alors que la thèse est achevée – les histoires ne manquent pas dans le folklore académique. De ce fait, les doctorants ne parviennent que rarement à projeter leur réussite avant ce moment décisif, qui est comme un mur ou un point aveugle dans leur perception de l’avenir et qui devient, à l’approche de la soutenance, de plus en plus anxiogène.

Par contre, une fois le diplôme en poche, le processus s’enclenche et le retour à la vie « normale » redémarre. Votre esprit s’apaise, la lumière revient et les couleurs avec, tout reprend vie, c’est comme un printemps après un hiver de cinq ans. Les perspectives s’ouvrent et toutes les épreuves que vous avez passées trouvent leurs justes leçons en vous, votre perception d’elles changent et vous comprenez tout ce que cela vous a apporté. Plus que jamais, vous savez vers quoi vous pouvez aller, vous vous connaissez mieux que personne et l’énergie revient peu à peu pour mener des projets toujours plus ambitieux.

Pour moi, la valeur de l’expérience du doctorat est inestimable. Il m’a fallu cela pour aller au bout de moi-même, à seulement trente ans, et j’estime que c’est une grande chance. Pour d’autres, ce type de challenge trouvera son sens dans le sport, dans le fait de monter l’Everest ou dans un changement de vie, dans la perte de poids ou dans une relation. Ce qui est sûr, c’est que ce genre d’expérience vous transforme de manière positive, à une seule condition : que vous sachiez pourquoi vous le faites.

3. Pourquoi faire une thèse de doctorat ? Vous seul connaissez la réponse

J’ai volontairement évité de répondre à la question du pourquoi faire un doctorat en trois points qui auraient détaillé l’intérêt de faire un doctorat et dans quels cas il est inopportun de le faire. Je pense que cela aurait pu être utile, quoique convenu, mais peu éclairant en profondeur. Faire un doctorat est très éprouvant, mais il ne suffit pas de le dire. C’est inefficace, ça n’apporte rien à personne et lorsque tout va mal, les doctorants ne peuvent plus s’en prendre qu’à eux-mêmes et c’est cela qui devient destructeur. Mais si vous savez pourquoi vous le faites, cela change toute votre expérience.

C’est exactement comme une panne de cinquante minutes dans le métro : si vous expliquez aux usagers que la panne est due à un incident technique et qu’elle va durer cinquante minutes, le désarroi des usagers va se transformer en patience et le calme va s’installer. Mais si vous attendez cinquante minutes sans rien dire, l’agacement initial va se transformer en colère, en peur puis en panique générale. Pourtant, l’expérience et le constat initial sont identiques : une panne de métro de cinquante minutes est pénible et n’a, a priori, aucune chance d’apporter du positif dans votre vie. Pour le doctorat, c’est pareil. Oui, ce sera pénible mais cela ne change rien de le répéter aux doctorants et aux futurs doctorants. Il faut leur expliquer et leur donner la carte qui permettra à leur désarroi de se transformer en patience et en calme intérieur, en confiance.

Dans le cas du doctorat, cette clé qui transformera votre expérience se trouve dans ce pourquoi. Si vous savez pourquoi vous faites un doctorat, vous saurez surmonter la plupart des inconvénients et des épreuves qui vous attendent. Vous saurez que c’est ponctuel et quand tout ira mal, vous saurez que ce que vous ressentez est commun à tous les doctorants. Ce simple fait vous permettra de mieux gérer vos doutes, votre sentiment de mal-être et votre impression d’être bloqué dans une rame de métro sans savoir quand vous pourrez en sortir – oui, cette métaphore est parfaite. Vous saurez vous organiser en conséquence et vous saurez pourquoi ça va mal lorsque ça va mal.

C’est pourquoi la réponse à cette question ne se trouve pas vraiment sur internet, elle est en vous et nul ne peut vous la donner ni la déposer en vous. Les raisons pour lesquelles vous entreprenez un doctorat vous concernent, vous et vous seul. Quelles que soient ces raisons, puissent-elles être les moins nobles au sens de ce que les autres en pensent, c’est à vous de les connaître intimement et de vous en souvenir tout au long du parcours. Si vous voulez simplement avoir le titre de docteur, qu’il s’agisse d’un petit kiff ou d’une revanche sur la vie, peu importe. Une raison qui a du sens pour vous vous portera jusqu’au bout. Si vous n’avez pas ce pourquoi, vous risquez de souffrir pour rien là où d’autres seront sereins dans les mêmes épreuves que les vôtres, juste parce qu’ils savent où ils vont et pourquoi ils le font.

Si vous êtes déjà en doctorat et que vous souffrez tellement que vous envisagez d’arrêter, il est temps de reconsidérer votre pourquoi. Si vous êtes titulaire d’un master et que vous envisagez de poursuivre en doctorat, posez votre pourquoi. Toute personne qui a obtenu des résultats satisfaisants en master peut, techniquement, s’inscrire en doctorat. Ce n’est pas difficile, c’est tout à fait possible, mais ce n’est pas une raison. Il faut savoir pourquoi, en dehors des considérations purement professionnelles, vous voulez vous inscrire en doctorat.

Alors, prenez le temps de vous demander pourquoi, écrivez-le sur une feuille ou déposez-le dans un fichier, conservez ce document et relisez-le régulièrement. Actualisez-le si vous avez des choses à ajouter ou des choses à modifier, poursuivez-le si vous avez besoin de compléter, barrez tout si vous estimez qu’il n’y a plus aucune raison. Et c’est tout. Quand vous serez bien au clair vis-à-vis de cette question, alors vous serez prêts et ce n’est pas moi qui vous en empêcherai : foncez ! Surtout, n’oubliez pas de kiffer.

Si vous êtes en difficulté dans votre parcours doctoral et que vous avez besoin de faire le point avec un professionnel, n’hésitez pas à prendre un premier rendez-vous avec moi via ce formulaire. Je reviendrai vers vous et nous mettrons au point une stratégie efficace pour surmonter les problèmes que vous rencontrez, de façon à vous redonner l’élan et la clarté qui vous manquent aujourd’hui pour avancer avec sérénité.

Je souhaite une très belle semaine, je vous dis à bientôt et prenez soin de vous surtout. Ciao !

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